4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 06:30

 

 

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

 

Maquette du château au Moyen Âge

Le bourg

Situation :   (--> le voir sur une carte)

    La commune de Saint Savin est située à 45km à l'Ouest de Chambéry, à 35km au Sud-Est de Lyon et à 5km au Nord-Est de Bourgoin-Jaillieu.

 

  Coordonnée du château :

45° 37' 06" N 05° 19' 27" E
 45.61959061°  5.323605537°

 

 

 

 

Le château :  

L'extérieur :

Pourquoi suis je ici ?

* La raison principale de ma venue à Saint Savin est évidemment le plaisir de découvrir un château de mon Dauphiné.

* Mais une deuxième raison me titille :

- Ce château a été construit par un Savoyard.

A-t-il une architecture différente ?

 

 

La découverte

* Armé d'une photo de la maquette du site au 15ème siècle (cette merveille miniature est visible au musée de l'Ancien Évêcché à Grenoble) je trépigne d'impatience à l'Idée de voir un rempart puissant comportant 15 tours rondes.

* Hélas, en arrivant dans le hameau, point de muraille je vois.

* Seule une tour me dévisage.

Qu'est ce donc ?

Tour d'angle du château

 

 

1ère analyse de la tour

* La ronde tour est appareillée en petites pierres pauvrement taillées avec de larges joints.

* Je présuppose qu'elle ne devait pas être ainsi il y a plus de 500 ans.

* Les consolidations du 20ème siècle ne l'ont pas rendu aguichante.

* Sur une face qui devait être à l'extérieur trône une large fente verticale.

* Elle devait se situer beaucoup plus haut aux siècles derniers.

*J'imagine que les gravas tombés au sol ont augmenté le niveau de celui-ci, abaissant "virtuellement" la hauteur que nous voyons de la tour.

 

 

 

L'intérieur :

2ème analyse de la tour

* Je contourne la ronde beauté et je constate qu'une porte permet de découvrir ses entrailles.

* Je serais donc à l'intérieur (dans le cour) de l'ancien château fort .

* En continuant mon opération de contournement, je constate que le temps a eu raison des solides pierres.

Effondrée est la paroi.

* L'avantage d'une ruine, c'est qu'elle permet de mieux observer ses détails d'architecture et de construction.

* Ainsi je peux conclure que je suis dans l'une des tours d'angle du château fort primitif.

* L'archère droite avec un fort ébrasement (voir vocabulaire) confirme mes dires.

 

 

D'autres bâtiments !

* Avec élégance, je me déplace vers la porte "de sortie" pensant avoir vu tous les vestiges du château, quand surpris je suis.

* D'autres bâtiment existent !

* Nota :

Menteur je suis, car en arrivant, j'avais évidemment remarqué les constructions entières. Et puis, comme je prépare toujours mes excursions, je savais ce que j'allais voir... Il doit y avoir une âme de récitant sous ma rude armure de Chevalier d'un autre temps.

 

 

 Une autre tour ronde !

Le donjon

* Certains d'entre vous sont dubitatifs par le titre de ce chapitre :

"Ne serait ce point une simple tour plutôt qu'un donjon ?" pensez vous.

* Il est vrai que cette haute construction ne ressemble point aux hauts donjons que je liste dans cet article, mais en comparant sa surface par rapport à la tour cassée, j'ose affirmer que ce "géant" est un donjon Savoyard du 12ème siècle.

 

 

Analyse des défenses du donjon

* Planté au pied du donjon, j'observe la construction de 800 ans pour en comprendre le système défensif.

* Il n'est point besoin d'être un spécialiste pour voir les multiples archères étagées sur la hauteur.

* Bien que chaque archère soit identique en forme (type droite à étrier en bas), ce qui me surprend c'est l'asymétrie des dimensions :

- A mi-hauteur c'est la plus grande,

- Puis au dessus la taille diminue,

- Et enfin celle sous le toit est petite.

 

 

Un donjon figé

* Le plus surprenant est l'absence :

- De mâchicoulis (voir vocabulaire),

- De trou de boulin pour un hourdage,

- Et surtout de crénelage.

* J'ai la sensation d'une tour figée dans le temps n'ayant pas eu droit aux améliorations défensives comme :

- Les fentes de tir,

- Les arquebusières,

- Les canonnières.

 

 

Un donjon très défensif

 

 

Courtine fortifiée

* En prenant un peu de recul, je vois que la courtine accolée au donjon comporte de magnifiques systèmes défensifs.

* Au dessus des fenêtres récentes, il y a le chemin de ronde couvert avec créneaux borgnes et quelques archères primitives droites.

* Les pierres taillées côtoient les galets roulés parfois posés en lit.

Diantre, comme cette construction a souffert !

 

 

L'angle

* Sur la droite, la rénovation récente surprend par le choix de la "couleur".

* Il n'est pas toujours aisé de faire un compromis entre conservation du bâtiment, respect de l'architecture originale et moyen financier.

* L'important est que le bâtiment survive, je ne jetterai pas la "pierre" à la solution retenue.

* En voyant la porte basse, j'imagine que l'accès à la tour d'angle s'effectuait à ce niveau.

Aviez vous imaginé que l'une des tours d'angle fut ici ?

 

 

Plusieurs siècles s’entremêlent

 

 

Le logis

* En revenant à mon point de départ, c'est à dire près de la tour d'angle détruite, je jubile.

* Le logis existe encore avec sa magnifique tour escalier.

* Même si le temps a usé les pierres, même si les révolutionnaires puis les hommes modernes ont cassé les statuts et symboles seigneuriaux, la beauté de la fin du Moyen Âge s'exprime dans les fenêtres et les sculptures.

Admirez !

 

 

 

C'est la fin

* Ne pouvant entrer dans ce logis, je contemple le paysage Isérois puis je m'imagine 500 ans dans le passé.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, pour lutter contre les bandes de "barbares" traversant la vallée, une motte castrale est aménagée par les Comtes de Bourgogne. Cette motte n'est pas à l'emplacement actuel du château.

* Au 11ème siècle, le site est possession du puissant Comté (voir titre de noblesse) de Savoie. Une fortification en bois semble exister (à vérifier).

* Au 12ème siècle (à vérifier), un vassal du Comte de Savoie (voir liste) fait construire un château fort quadrangulaire pour surveiller la vallée.

* Au 13ème siècle, après le décès sans héritier du seigneur de Demptézieu, le château passe à la famille Boscozel (voir un château de cette famille), Seigneur de Chatonnay.

* En 1314, le Comte Amédée V de Savoie cède château et terres au Dauphin Jean II (voir liste).

* En 1343, le Dauphin donne le site en fief à Guy de Vienne.

* En 1349, après le "transport" du Dauphiné au Royaume de France, le château appartient au roi Philippe VI de Valois (voir liste des rois).

* Au 14ème siècle, construction d'un vaste logis (21m x 7m) dans la cour du château.

* Au 15ème siècle, le système défensif est renforcé par la construction d'une enceinte flanquée de 15 tours crénelées. Pour faciliter la circulation dans le logis, une tour-escalier extérieure est construite.

* Vers 1470, le château appartient à la famille de Velors.

* Vers 1484, Artus de Velors vend le château à Barrachin Alleman, Seigneur de Rochechinard (voir le château éponyme).

* Au 16ème siècle, améliorations de confort. De nombreuses fenêtres sont ouvertes. Des bâtiments et courtines sont démolis.

* A la fin du 17ème siècle, le château appartient à Pierre Alexandre de Vallin, Seigneur de Chateauvillain.

* Vers 1792, le château est vendu comme bien national.

* Au début du 20ème siècle, les ruines appartiennent à la commune.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite de l'intérieur du château semble possible quelques jours par an. Renseignez vous.

 

 

Un moderne château proche d'une médiévale ruine

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 07:30

 

 

 La description de l'extérieur du château est ici

 

La description de la salle des gardes est là

 

Le description du donjon est ici

 

 

  Après avoir passé 3 heures dans les 3 premières salles de cette ruine Dauphinoise, je suis presque sur un nuage en pénétrant dans la nouvelle pièce.

  Je vous propose, par cette musique, de comprendre ce que je ressens en abordant ma 4ème heure.

 
   

 

 Sentez vous la bonne odeur de cuisine ?

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

Le château :  

L'intérieur (suite) :

Quelle est la fonction de cette pièce ?

* Lorsque je visite une ruine, j'adore sortir ma loupe de Sherlock Holmes pour chercher les détails me permettant d'identifier la fonction de la salle.

* Entrant dans cette grande pièce herbeuse, sans réfléchir je pense que c'était le jardin.

* Après cette stupidité je me mets en quête des vrais indices.

* Le mur de gauche est composé de pierres pauvrement taillées et peu jointives.

* Ces constatations s'appliquent à une grande partie du château de Montfort, il me faut d'autres détails.

 

 

Une ouverture fermée

* Presque au centre du mur, je vois une baie bouchée.

* Ceci n'est point à l'origine une porte (à moins que "mes" ancêtres fussent petits et adorassent sauter pour franchir les seuils   ).

* Ce n'est point une fenêtre, car voir dans la aula n'est pas logique.

8 - Qu'est ce donc ?

* En m'avançant, je distingue des traces horizontales sur le flan droit.

* Ces mêmes traces existent en symétrie de l'autre coté.

* "Bon dieu, mais c'est bien sûr !"...pfff, je me prends pour Raymond Souplex dans la célèbre série "Les 5 dernières minutes".

* Ceci est un placard. D'ailleurs il existe le même dans la salle des gardes.

 

Reconnaissez vous ces formes ?

 

Je reconnais cette pièce

* Le mur à la perpendiculaire de la niche possède une grande cheminée.

* Je vais être un peu caricatural, mais elle ne se trouve que :

- Dans la salle principale (qui n'est point celle-ci puisque c'est l'autre.... La Palice, sors de mon corps !).

- Dans une grande chambre (mais elles sont très souvent situées à l'étage).

- Dans.....La cuisine.

* Je subodore que les mets étaient réalisés dans cette pièce.

* Ce qui semblerait logique puisque la aula est contiguë.

Y a-t-il d'autres indices ?

* Vous êtes si perspicaces, hooo mes merveilleuses lectrices et mes fabuleux lecteurs, que vous aviez vu l'imposant four à pain et à gâteau quelque peu cassé.

* La présence de briques réfractaires confirme vos et mes déductions.

 

 Voyez vous la curiosité mystérieuse ?

Un mystère mystérieux !

* Après avoir deviné la fonction de cette pièce, je me laisse charmer par le magnifique paysage.

* Je ne me lasse jamais d'admirer le massif de Belledonne.

* Lentement, je m'avance vers mes montagnes (et la sortie) quand je suis interloqué par des pierres alignées en descente sur le sol.

  9 - Qu'est ce donc ?

* Je vois un escalier descendant vers.... heu... rien.

* Cette curieuse déclivité ne se continue pas jusqu'au rempart.

Quelle était la fonction de ces marches ?

 

 

Une pièce secrète ?

* Dans mon obstination à trouver le mystère des marches "inutiles", je n'avais point vu qu'une autre salle est accolée à la cuisine.

* Lentement, j'avance vers elle.

 

  Une salle mystérieuse

Une salle ajoutée

* Avec un peu d'attention, mais surtout avec l'aide d'une vue aérienne, il est possible de voir que cette pièce a été ajoutée au château original (au 14ème ?).

* Le mur extérieur coté montagne est doublé dans l'épaisseur.

* Avec le petit morceau de mur pointant vers le ciel, je peux affirmer que 2 niveau existait mais :

Énigme numéro 10 :

Pourquoi avoir ajouté une si petite pièce ?

 

 

La salle mystérieuse 

* En entrant dans cette petite pièce, je remarque sur la gauche une niche dont la construction est différente de ses consœurs vues précédemment.

* Au centre, une large ouverture donne sur l'extérieur.

* Certains voient une porte.

* Mais avec l'ébrasement (voir vocabulaire) intérieur, je suppose que fenêtre cela est.

* Sur la droite, une fine fente verticale fait penser à une archère.

* Mais sa forme ne me convint pas.

A quoi servait cette petite pièce ?

* Bien que je ne sois qu'un castellologue-amateur, bien que n'ayant fait aucune étude universitaire en architecture médiévale, j'ose me permettre d'avancer une théorie suite à mes 800 ans (environ) de découverte castrale à travers l'Europe et à ma photothèque composée de 3000 sites.

* Je suppose que cette petite pièce fut la chapelle du château.

* Cette pièce sans cheminée, mais chauffée par la cuisine, pouvait accueillir le couple seigneurial (ou la Duchesse Béatrix de Faucigny) durant les longues heures de prière.

* J'ose me permettre d'imaginer que l'escalier aurait pu servir à "monter" (se rendre) dans cette chapelle (sans passer par la cuisine).

Mais supposition cela est.

 

 

C'est la fin

* C'est avec tristesse que je dois quitter ce château Dauphinois si passionnant.

* Pour ne point partir avec une larmounette au coin de l’œil, je vais me régaler de la vue (massif de Belledonne avec Chamrousse sur la droite).

* Le panorama est la richesse de nombreuses ruines médiévales.

* Quelle ne fut pas ma surprise, en me retournant, de voir un jardin médiéval en contrebas de la basse-cour.

* L'association "Les Raisonneurs de pierre" fourmillent d'idées.

* C'est normal, ce sont des Dauphinois. .. comme moi.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, il est probable qu'un château en bois soit construit sur la motte (les Savoyards, ennemis des Dauphinois, sont proches).

* Au 13ème siècle, construction du château fort en pierre.

* Au début du 14ème siècle, la Duchesse (voir titre de noblesse) Béatrix de Faucigny (voir le château familial) habite quelques temps au château.

* A la fin du 14ème siècle, la famille Montfort fait construire un château plus confortable dans la vallée à quelques kilomètres. Ses propriétaires n'habitent plus le vieux château fort.

* En 1565, le château de Montfort est partiellement en ruine.

* Au 18ème siècle, le château est en ruine sur la carte de Cassini.

* A la fin du 19ème siècle, une famille de paysans habite le lieu.

* Au début du 20ème siècle, un incendie ravage le site. Les ruines sont abandonnées.

* En  1999, une association de sauvegarde est créée. Si vous avez quelques piastres à leur donner ou si vous disposez de quelques heures pour les aider, ces merveilleux "fous" au courage sans limite seront heureux de votre participation.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des entrailles est interdite car cette ruine est une zone de fouille. Mais en venant le samedi, vous pourrez certainement être accompagnés  d'un membre de l'association de sauvegarde, les énigmes de ce château fort vous seront montrées.

 

* Les passionnés de généalogie s'abreuveront à la lecture de cette page.

* Les amoureux d'histoire du château dégusteront ceci.

 

Pour terminer cette visite, je vous propose  des vues dynamiques - clic

 

 

La chaîne de Belledonne est magnifique !

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:30

 

 

 La description de l'extérieur du château est ici

 

La description de la salle des gardes est là

 

 

 Je vais enfin entrer dans le château fort !

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

Le château :  

       L'intérieur (suite) :

Comment se repérer dans ce château ?

* Il n'est pas toujours facile de s'orienter dans une ruine, ni de comprendre son architecture.

* Quelques solutions existent :

1 - L'une est de disposer d'un plan à l'échelle. Ceci existe pour les châteaux connus ou ayant fait l'objet de longues fouilles avec des archéologues.

2 - L'autre est de regarder sur les vues satellites données par Google-Map ou par Géoportail. Hélas, de nombreux villages ou sites dans la foret sont ignorés ou restitués avec peu de détails.

3 - Enfin, posséder une vue aérienne prise par un quadricoptère (un drone amateur) ou un adepte du parapente. C'est le cas pour cette ruine Iséroise.

* Je vais donc vous décortiquer les nombreuses salles de ce magnifique château fort Dauphinois... comme moi.

Vous ai je déjà expliqué que cette ruine

est dans ma magnifique province ?

 

  Analyse de la ruine de Montfort

Initiation à l'architecture de ce château

A - Aula (salle de réception).

C - Cuisine.

D - Donjon.

E - Escalier mystérieux.

F - Four à pain.

T - Tour mystérieuse.

M - Mystérieuse salle.

R1 - Rempart extérieur.

R2 - Rempart disparu récemment.

R3 - Rempart intérieur.

S1 - Salle des gardes (entrée supposée).

S2 - Salle des gardes (véritable salle d'armes ?)

 

 

Le donjon

* Il n'est pas surprenant que le donjon, la tour la plus puissante, soit la 1ère construction rencontrée en franchissant le rempart extérieur. Il n'est pas rare de voir la tour maîtresse défendre la partie la plus "vulnérable". Un donjon en ruine et pourtant fascinant

* Je vous sens dubitatif devant cette image.

* ll est vrai que le temps n'a pas été respectueux pour cette puissante tour rectangulaire dont l'épaisseur du mur est proche du mètre.

* L'intérieur de ce donjon est rempli de terre et de végétation.

* L'association de sauvegarde n'a pas encore effectué les fouilles de ce magnifique bâtiment.

* Une consolidation des murs est d'abord à réaliser avant l'enlever les traces de Dame Nature.

* La mise à jour de bâtiment peu médiatique est un travail long avec peu de moyen financier.

Je suis toujours admiratif devant le courage des bénévoles.

 

 

Une tour mystérieuse

* Dans un angle du château, une ronde construction m'étonne.

Énigme numéro 7 : Quelle est la fonction de cette tour ?

* Cette tour flanque est trop petite pour contenir un escalier desservant les étages du donjon. Elle ne semble avoir aucune mission de défense du château.

Quel est le secret de cette construction ?

* L'archéologue en charge de cette beauté Dauphinoise suppose que la tour serait un ajout ultérieur servant à consolider le vieux donjon.

* Ce style d'architecture est très original face aux classiques contreforts (voir exemple).

Les Dauphinois sont vraiment extraordinaires ! 

 

  Holla, c'est la Aula là !

La aula : Définition

* Dans les séries télé ou les films, il est classique de voir une scène de rencontre entre le châtelain et un "messager", un visiteur, un chef de guerre, un personnage important.

* Dans cette salle, parfois justice ou dilemme de voisinage sont réglés par le seigneur (la série Kaamelott en montre une parodie)

* Souvent, nous avons la représentation d'un grand banquet avec les tables alignées en U, puis au centre jongleurs et ménestrels amusant les nombreux invités.

* Cette salle aux multiples fonctions se nomme : La aula.

* La définition littéraire est : Espace public de la résidence.

 

 

La aula du château de Montfort

* Les Dauphinois de Montfort sachant merveilleusement recevoir les invités (zut, chauvin encore je suis  ) possèdent aussi dans leur château cette imposante salle.

* Elle se situe au rez de chaussée d'un bâtiment comportant au moins un étage (les murs étant écroulés, il n'est point aisé d'en connaître l'architecture exacte).

* L'épaisseur des murs est moins importante que pour le donjon ou les remparts. Une aura bien empierrée

* Ce n'est point la défense qui est la fonction principale de cette beauté.

 

 

Rapide descriptif de la aula

* Même si la femme de ménage  n'a point ôté l'herbe et les gravillons au sol, il est possible de voir le dallage qui n'est point décoré mais très fonctionnel et solide (inusable ?).

* Je suis surpris par la piètre qualité du parement et de la taille des pierres.

* Il est vrai qu'au moyen âge, la pierre n'était point à nu, un enduit et des tapisseries recouvraient les murs.

* En voyant les imposants tas de pierres, je suis encore plus admiratif du travail des bénévoles.

* Retrouver les pierres, les classer, les mettre en tas (et même parfois les déplacer pour faciliter les fouilles) est une mission titanesque pour un résultat si peu visible par les visiteurs. 

 

 

La suite de la visite

* J'ai une question à vous poser :

Quel type de salle est poche d'une aula ?

 

 

La réponse est accessible ici CLIC

 

 

Derrière ce mur, d'autres surprises m'attendent

 

 Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38Vers Menu châteaux de l'Isère

 

Partager cet article

Repost0
23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 06:30

 

 

 La description de la 1ère partie du château est ici

 

 

Combien de soldats y avait il ?

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

Le château :  

L'extérieur (suite) :

Je vole au dessus du bâtiment

* Avant de pénétrer dans la 1ère salle, je prends un peu de hauteur pour mieux la comprendre.

* Ce bâtiment (salle des gardes) est composé de :

- Deux pièces presque symétriques séparées par un mur dont il ne reste que la base.

- Deux niveaux. Les pièces du 1er étage comportent de nombreuses fenêtres (incompatible avec un système défensif efficace)

* Mais une question me titille :

6 - Les murs extérieurs sont épais, mais pas assez pour en faire une entrée défensive et encore moins pour un bouclier contre les mangonneaux et autres catapultes.

Ce bâtiment est il d'origine médiévale ?

 

 

J'habite une région magnifique !

* Avant de vous faire découvrir les beautés et les mystères de ce château fort, je voudrais que vous preniez un peu de temps pour admirer ce paysage :

Les falaises de la Chartreuse.

* Comme je suis fier de vous montrer MES montagnes !

 

Quelle est l'entrée médiévale ?

 

Face à la salle des gardes

* Après ce moment touristique où j'ai mis mon chapeau de paille, je l'ôte pour reprendre mon heaume de Chevalier-castellologue amateur.

* Sur la gauche du bâtiment, une petite construction ose se montrer.

* Ceci n'est point une verrue médiévale mais un ajout assez récent servant de four à pain.

* En faisant abstraction de cette petite construction, de nombreux détails fascinants fourmillent sur cette façade :

- Les pierres sont pauvrement taillées et peu jointives. Il n'est pas facile de dater cette réalisation qui semble avoir été consolidée plusieurs fois.

- L'arc de la porte a une architecture presque renaissance. Elle contraste avec la façade.

- A gauche de la porte, les vestiges d'un mur. Il est fort probable que ce soit la continuité du rempart extérieur (je vous l'ai montré ici)

- Quelques trous de boulin dont la fonction m'échappe. Ils ne sont pas assez nombreux (et un peu "large") pour servir d'échafaudage. Ils ne sont pas assez alignés pour une passerelle ou un hourdage (voir vocabulaire).

- Au sommet du mur, une magnifique archère droite trône fièrement. Par sa finesse et sa taille, elle prouve que ce château fort date au moins du 12ème siècle. Cette constatation remet en cause mes doutes du début de l'article et répond partiellement à ma question numéro 6.

 

  Une véritable entrée d'époque Roman  

Analyse du coté droit de la façade

* La partie droite propose une architecture bien différente :

- La porte a une architecture typiquement Romane.

- Les 2 ouvertures de chaque coté sont pour le confort et non la défense.

- Au 1er étage, les fenêtres semblent intemporelles.

- Pourtant un détail sculpté sur le piédroit m'informe que l'ouverture serait médiévale.

 

 

L'intérieur :

La salle des gardes (encore et toujours)

* Après avoir longuement observé la façade, j'entre enfin. j'ai l'impression de faire un bond de plusieurs siècles en arrière :

- Je suis d'abord surpris par le dallage au sol.

Serait  il d'origine ?

- Dans l'épaisseur du mur, je vois une niche d'un autre âge. Elle contient du bois, bien utile pour le four à pain (je vous l'avais montré ici). Ce four est utilisé au 21ème siècle durant la fête médiévale en Juillet.

- Au dessus, l'archère droite primitive avec un faible ébrasement (voir vocabulaire) rappelle la fonction défensive de cette salle.

* Cette pièce semble avoir été l'habitat de la famille Robert jusqu'au début du 20ème siècle.

* Il y a donc eu des aménagements rendant difficile l'analyse fonctionnelle déterminant les parties réellement médiévales.

Voyez vous une secrète porte ?

 

 

Énigme ou réponse à une de mes interrogations ?

* Je regarde le mur coté opposé aux portes d'entrée.

- Dans le bâtiment des gardes, il y avait bien 2 pièces séparées par un mur.

- Je ne vois aucune porte permettant l'accès entre ces 2 salles.

- Au fond, au rez de chaussée, je crois voir une fenêtre. Mais avec un peu d'attention, il me semble distinguer les traces d'une porte ogivale obstruée.

Serait ce la porte d'entrée du château fort ?

* Son emplacement est logique.

* Il correspond aux standards des portes d'entrée à l'époque médiévale.

Aurais je résolu l'énigme numéro 3 ?

 

 

L'autre pièce Diantre !... Un héritier d'Icare passe au dessus du château fort

* En un saut acrobatique et souple pour franchir le mur de séparation (être un castellologe amateur demande beaucoup d'heures d'entraînement sportif), je me retrouve dans l'autre pièce.

* L'atmosphère est différente.

* Je ressens la rigueur médiévale et le minimaliste d'une salle de garde.

* Je me demande si la fonction de la 1ère salle était l'entrée du château, celle-ci était la salle de repos des gardes.

* Elle devait certainement contenir des armes et armures.

* L'étage possède des fenêtres coté château, puis des archères coté "entrée supposée".

Cette archère d'angle est de toute beauté !

 

 

La suite sera t elle aussi captivante ? 

* Comme vous l'avez remarqué, je suis fasciné par cette ruine qui pose de nombreuses questions et qui permet à notre imaginaire de rêver.

* Pour vous permettre de comprendre l'architecture globale de cette beauté Dauphinoise (vous souveniez vous que cette merveille est dans ma province ?  ) puis de "saliver" sur le prochain article, je vous offre cette vue prise par un adapte du parapente.

 

La suite de la visite est ici - clic

 

 

Ebloui je suis par cette ruine !

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 20:40

 

 

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

Le temps n'est pas propice à la recherche de ruine

Le bourg

Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Maubec est située à 50km à l'Ouest de Chambéry, 40km au Sud-Est de Lyon et à 4km au Sud de Bourgoin-Jallieu.

 

   Coordonnée du bourg :

45° 34' 16" N 05° 16' 20" E
 45.571032°  5.272174°

 

 

 

Le château :  

L'extérieur :

Préambule

* Beaucoup d'entre vous savent que je suis un fou de ruines médiévales fortifiées très "ruinées".

* Moins il y a de cailloux et plus mon plaisir est intense.

Suis je vraiment anormal ?  

* En tant que Chevalier Dauphinois, c'est avec jubilation que je vais vous montrer un château de ma province : le Dauphiné.

* Cette beauté est peu décrite sur le web, c'est donc pour vous une surprise et pour moi, un plaisir.

 

 

Pourquoi ai je visité un château peu connu ?

* Pour moi, il n'existe pas une notion de "château connu et ruine oubliée".

* Tous les sites fortifiés construits par nos ancêtres sont à découvrir avec passion.

* Et puis, 2 raisons me forcent à être à Maubec :

1 - Ce château a été le siège d'une des 4 Baronnies (voir titre de noblesse) du Dauphiné (Là je vous sens très intéressés).

2 - Un plan visible à la mairie montre :

- Une grande courtine,

- De nombreux communs,

- Un donjon,

- Un puits (et non une citerne) récupérant l'eau de la rivière Sadiau.

 

  L'ombre du fantôme de ma ruine du jour !

La marche d'approche

* Armé d'un plan, je remonte lentement la petite route nommée : "Le chemin du château".

* Plus j'avance et plus mes poils se hérissent.

* Je vais à la découverte du château des Roches.

* Mais des indices me font penser que le site est "maudit" des Dieux :

- Point de soleil,

- Point de panneau indicateur vers ma destinaton,

- Et point de colline portant ma découverte du jour.

 

 

La découverte

* Au bout d'un champs très vert, proche d'une rangée d'arbres, le fantôme d'un autre temps apparait.

N'est pas émouvant ?

 

 

Je suis Dauphinois !Un mur qui en dit long sur ses origines

* Le premier détail important est un mur.

* Certes il n'est pas très haut, certes il ne possède point de crénelage ni mâchicoulis (voir vocabulaire) mais, comprenez moi, c'est un mur Dauphinois.

Qu'entends je ?

Je serais un peu chauvin et peu objectif !

* Il est vrai que l'Isère n'est pas le département le plus dense en ruines médiévales, c'est donc un plaisir (sans limite) d'en découvrir une.

Me comprenez vous ?

 

 

1ère analyse

* Le mur est épais. Le remblai semble très compacte mais les pierres sont pauvrement taillées et de dimensions bien petites.

* Ce n'est donc point le mur du donjon.

* Pour comprendre cette architecture, je me dois d'entrer dans le château.

 

 

L'intérieur :

2ème analyse

* En un bond, je suis à l'intérieur (Vous avez compris que point de porte fortifiée ni de vantail il faut pousser pour découvrir les entrailles).

* Avec attention, je regarde le pan de mur.

* Les rangées de trous ne sont point des trous de boulins (voir vocabulaire).

* J'opte pour des supports de poutres.

 

 

3ème analyse

* Au sommet, je constate un retrait du mur.

Était ce le niveau du chemin de ronde ?

 

 

La surprise

* Pour mieux comprendre cette curiosité, je prends un peu de recul. Mon regard est détourné par un trou dans le sol.

Est ce un système défensif pour faire tomber les assaillants ?

 

La lumière manque en le lieu   

Piège ou salle basse ?

* Pour comprendre cette 2ème curiosité architecturale (Diantre, ce château est rempli d'énigmes), je m'avance lentement.

* La trappe en acier est un ajout récent pour éviter que les promeneurs et les enfants tombent dans ce piège.

* Mais comme je suis un Chevalier-Castellologue-Amateur, de plus avec une armure à toute épreuve, je franchi le seuil avec d'infinis précautions.

 

 

Une magnifique salle

* En entrant dans la salle enterrée, il faut un peu de temps avant que mes yeux s'acclimate à l'obscurité.

* Après quelques minutes, je vois une belle salle voûtée, sans fenêtre.

* Elle ressemble à un espace de stockage ou une cave.

 

 

Conclusion

* En abordant cette ruine, je pensais ne voir qu'un pan de mur banal.

* Mais les surprises, les beautés et les interrogations sont les conclusions de cette découverte.

* Moralité :

- Il n'existe point de petites ruines mineures.

- Chaque site médiéval est une richesse qu'il faut ressentir.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* Au début du Moyen Âge, une motte castrale est construite en un lieu nommé : Mont-Léopard

* Vers le 11ème siècle (à vérifier), une seigneur du Mont-Léopard est cité.

* En 1263, Egidius de Bocsozel (de la ligné des seigneurs possédant cet autre château) est cité comme seigneur de Maubec.

* En 1301, Guillaume de Virieu attaque le château avec une troupe de Bourgoin (ville proche de Maubec). Aymon de Bocsozel meurt durant la défense de ses biens.

* Vers 1430, la seigneurie devient la Baronnie de Maubec, une des 4 grandes baronnies du Dauphiné.

Nota : Si l'histoire vous passionne, je vous invite à lire le riche commentaire d'une de mes visiteuses.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur est libre et gratuite. La visite des salles enterrées n'est pas conseillée.

 

Même si la suite d'images dans le lien ci-dessous

n'est pas dédiée au château fort, mais

il faut le regarder car c'est l'histoire du village.

C L I C

 

 

Sont ce des ennemis au loin ?

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:30

 

 

Département 38 - ISÈRE

 

 

 

Le bourg :

      Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Charavines est située à 60km au Sud-Est de Lyon, à 35km au Sud-Ouest de Chambéry et à 30km au Nord-Nord-Ouest de Grenoble.

 

     Coordonnées du site :

45° 26' 00" N05° 30' 58' E
 45.433364° 5.516167°

 

 

 

Le site médiéval :

   Introduction

* Après vous avoir présenté le livre incroyable de Renée Colardelle, je souhaite vous faire découvrir une vidéo sur les résultats de fouille d'un site Dauphinois grâce au concours de Michel Colardelle, son mari.

 

 

   Brève présentation

* L'archéologie lacustre est une discipline qui n'est pas très médiatique car le touriste ou le passionné ne peut pas s'impliquer dans la vision (contrairement aux fouilles d'un château fort par exemple).

* Pourtant, elle nous en apprend beaucoup sur la vie du "peuple".

* Pour mieux comprendre l'intérêt de l'archéologie lacustre, je vous propose la lecture d'un article passionnant.

 

 

   Une vidéo est mieux qu'une longue prose

* Plutôt que de vous décrire mon émerveillement de ce curieux site archéologique Dauphinois, je préfère laisser parler les découvreurs et chercheurs.

* Je m'écarte sur la pointe des pieds et je vous laisse regarder la vidéo des fouilles archéologiques subaquatiques au lac de Paladru.

 

 

  Le film

 

 

 

L'habitat immergé des chevaliers-paysans de l'an mil (Charavines, Isère)

from Pyxeos on Vimeo.

 

 

 

Quelques informations :

Début des fouilles : hiver 1971-1972.

Durée des fouilles : 35 campagnes.

 

 

Pour en savoir plus :

    Un magnifique ouvrage de Lucile Chevallier : clic.

 

 

Bibliographie :

COLARDELLE M. et VERDEL E. (dir.), 1993.
Les habitats du lac de Paladru (Isère) dans leur environnement. La formation d'un terroir au XIe siècle, Documents d'Archéologie Française n° 40, Paris, Edition de la Maison des Sciences de l'homme, 416 p.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 1993.
Chevaliers-paysans de l'an Mil au lac de Paladru, Paris, Errance-Musée Dauphinois, 120 p.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2000.
Evolution climatique et occupation du terroir au lac de Paladru entre l’Antiquité et l’an 1000, dans Les mangeurs de l’an 1000. Archéologie et alimentation, catalogue de l’exposition présentée à l’Alimentarium Nestlé à Vevey (Suisse), p. 36-46.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2000.
Charavines : l’habitat fortifié de Colletière, dans Les mangeurs de l’an 1000. Archéologie et alimentation, catalogue de l’exposition présentée à l’Alimentarium Nestlé à Vevey (Suisse), p. 48-75.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2000.
L’exploitation du terroir de Colletière, dans Les mangeurs de l’an 1000. Archéologie et alimentation, catalogue de l’exposition présentée à l’Alimentarium Nestlé à Vevey (Suisse), p. 260-274.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2003
An Mil : des chevaliers-paysans, Magazine documentaire BT, n° 1146, éditions PEMF, 50 p.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2003.
Le centre domanial fortifié de Colletière, dans Comment vivait-on en l'an Mil ?, Histoire Médiévale, hors série n° 2, p. 20-29.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2003.
De l'exploitation du terroir à l'alimentation, dans Comment vivait-on en l'an Mil ?, Histoire Médiévale, hors série n° 2, p. 52-61.

 

COLARDELLE M. et VERDEL E., 2006.
L'habitat médiéval immergé de Colletière à Charavines (Isère), dans DUMONT A. (dir.), Archéologie des lacs et des cours d’eau, Errance, Paris, p. 127-128.

 

 

 

 

 Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 06:30

 

 

Département :   05 - HAUTES ALPES

 

 

 

 Posé sur sa butte, le château admire le magnifique paysage

Le bourg

Situation  (--> le voir sur une carte)

   La commune de La Bâtie Vieille est située à 12km à L'Est de Gap, en retrait de la N94 menant vers Embrun.

 

  Coordonnées :

44° 33′ 17″ N 06° 09′ 46″ E
 44.5547°  6.1628°

 

 

Toponymie :

* L'origine du nom semble être évidente pour le qualificatif "Vieille", car il existe à 2km au Nord un petit bourg plus récent nommé : La Bâtie Neuve.

* Mais sur le terme "La Bâtie", quelques linguistes sont en désaccord. Une fortification "bâtit" d'abord sur la colline aurait attiré les paysans en ce lieu "bâti".... Je ne sais que dire.

* Les archives (à partir d'une étude réalisée par l'abbé F Allemand) m'informent que ce serait l'évolution du nom depuis la création d'un castrum Romain :

- Bastidae Veteris,

- Bastida Vetus,

- Bastida Antiqua,

- Bastie Vielhe,

- Bâtie Vieille.

 

 

 

Le château : 

L'extérieur :

L'approche

* Depuis l'embranchement avec la route nationale 94, la petite départementale menant vers le hameau est sinueuse. C'est juste après un virage que mon "Graal" apparaît.W

Wahouu....  Une haute tour posée sur une butte.

* L'endroit est propice pour la surveillance de la vallée, de plus la défense est facilitée par 3 cotés en pente raide.

* La surface "plate" de la butte a certainement abrité un vrai château. Il y a peut être plus de vestiges que la vue de loin le laisse présager.

 

 

Première constatation

* Depuis la plaine précédent le village, je constate :

- Que les maisons ont été construites sur un seul coté, bénéficiant ainsi de la protection du château,

- Que sur la butte, un chemin piéton serpente pour rejoindre mon rêve de pierres.

J'arrive, ho toi, ma beauté médiévale !

 

 

Venez faire une ronde (dansante) autour de la ronde tour

Le village

* Dans le village, certains murs de maison ont une forme arrondie (comme une tour flanque voir vocabulaire).

* Je crois déceler des fentes d'archère aujourd'hui obstruées.

* Le village devait faire partie de la première défense.

* D'ailleurs, un plan me montre la position d'un "château" (maison forte ?) en aval de la tour.

 

 

La découverte  de la ruine

* Depuis le bas de la colline, "ma beauté" commence à révéler ses charmes.

* Ce n'est pas une tour ronde comme pouvait le laisser supposer sa vision de loin.

Humm, quelle coquine !

  Elle sait cacher ses atouts.

* Mais en arrivant sur le plateau, "ma beauté" reprend une forme ronde.

Quel est donc le secret de ses changements

de formes suivant l'angle de vue ?

 

 

L'analyse

* La vérité est évidemment simple à comprendre, la tour a une forme oblong.

* Elle est bombée du coté de l'attaque et plate coté logis.

* Cette forme est assez habituelle pour une tour flanque, mais assez rare pour un donjon médiéval.

* Le mur de la partie arrondie a une épaisseur très importante (2 m ?). C'est un peu un mur bouclier.

* Comme toujours avec une tour médiévale, la porte d'entrée est à plusieurs mètres en hauteur.

* Avec la reconstruction de cette tour et l'absence de trou de boulin, il est impossible de savoir si l'accès se faisait par le chemin de ronde ou une passerelle en bois ou une échelle amovible.

Avez vous remarqué la différence de qualité

et de couleur des pierres d'angle ?

* Avec les reconstructions et consolidations (voir le ciment sur le mur), il est difficile de connaître la raison.

* Dans l'herbe, il me semble voir les traces des courtines (un mur est présent dans le prolongement de l'angle Nord-ouest).

* Elles confirment le plan vu sur un panneau proche du site.

 

 

L'intérieur :

Puis je entrer ?

* Comme vous l'avez constaté, il n'y a pas de porte dans ce château, ni d'escalier pour monter dans la tour.

* Conséquence : Pas d'intérieur à vous décrire.

* Mais en faisant un peu l'espion, j'apprends qu'il n'y a rien de spécifique dans les entrailles de cette construction.

 

 

C'est à vous de travailler !

* Maintenant que vous êtes des experts en construction médiévale, vous imaginez :

- Il n'y a pas d'escalier dans la tour.

- L'ascension dans les étages se faisait par des échelles en bois que le occupants retiraient en cas d'attaque.

- Le rez-de-chaussée aveugle était une réserve uniquement accessible depuis l'étage supérieur.

- Puis .... "mais je sais que vous savez".

* Avant de partir, je savoure la richesse d'une ruine médiévale : Le magnifique panorama.

 

 

La diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

 Histoire du village et du château :

* Au 11ème siècle, il semble qu'un fortin soit construit sur la butte (au 10ème siècle, les Sarrasins ont beaucoup sévi dans la région).

* A la fin du 12ème siècle, l'évêque de Gap fait construire une fortification sur la colline pour prévenir des attaques.

* Au début du 13ème siècle, la famille Faudon, vassal du Comte de Forcalquier, fait construire une forteresse sur la colline en face. Cette construction "rivale" ne va pas plaire à l'évêque de Gap. Un conflit est inévitable.

* Au 13ème siècle, il semble que l'évêque de Gap ait fait détruire le "fortin" ennemi en face.

* En 1420 (?), l'évêque fait réaliser de nombreux travaux de modernisation de défense suite à l'amélioration de la puissance des armes de jets.

* En 1519 (?), le château subit un incendie qui marque sa fin.

* En 1996, de gros travaux sont réalisés pour réhabiliter cette tour.

* Au 21ème siècle, la découverte du site est libre et gratuite. La tour est consolidée mais souvenez vous que c'est une ruine et que les pentes sont abruptes autour. Conséquence : Soyez prudents avec les enfants.

 

 

Que cette région est belle !

 

  Vers Menu châteaux des Hautes Alpes

Partager cet article

Repost0
5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:30

 

 

Pour découvrir l'extérieur de cette ancienne résidence des évêques,

veuillez cliquer ici.

 

 

 

Département :  38 - ISÈRE

 

 

croquis du château 500 ans après sa construction

 

Le château : 

L'intérieur :

Je ne ressens pas l'odeur d'un château fort

* En entrant dans l'ancien château fort des Évêques de Grenoble, je ne ressens pas mes traditionnelles sensations d'un Castellologue-Amateur.

* J'ai l'impression d'aller rendre visite à ma Grand-mère à l'hôpital. 

* Le plafond est blanc, les parois sont crèmes et des rampes sont vissées sur tous les murs.

 

 

La 1ère surprise

* A l'angle d'une porte, je retrouve la rouge brique du château.

* Dans le mur, un trou m'intrigue.

* En regardant à l'intérieur, en constatant sa profondeur, je comprends que ce n'est point un trou de boulin mais une profonde ouverture pour recevoir une poutre.

* Le morceau de bois bloquait la porte au Moyen Âge.

* Sa fonction est inutile aujourd'hui évidemment. 

 

Un trou de boulin dans un mur rouge brique

 

Quelle énigmatique ouverture !

* Plus loin, dans un couloir, une ouverture en brique m'interpelle.

* Ce n'est évidemment pas le pot décoratif qui me surprend mais le large "trou" à la hauteur ne correspondant pas à une porte de passage.

* En entrant dans la salle, j'ai la réponse.

N'est ce point évident ?

* Pour mieux vous faire comprendre, regardez ce plan de sécurité et souvenez vous du plan comparatif.

* Les murs les plus épais sont les bases du château fort.

* Pour certaines tours, les murs extérieurs donnent aujourd'hui dans un couloir.

* Il semble donc logique que des fenêtres médiévales regardent aujourd'hui une allée passante.

 

 

Les surprises s'enchaînent

* Dans une petite salle, à la classique blancheur, apparaît sur un mur une surface rouge avec une archère droite comportant un important ébrasement (voir vocabulaire).

* Dans une autre salle, un magnifique arc aujourd'hui bouché me nargue de sa hauteur.

* Ce devait être un axe de passage important car, à son sommet, a été gravé le blason d'un des puissants évêques et Prince de Grenoble.

* Il faisait partie d'une des grandes familles Dauphinoises. Il se nommait : Siboud Alleman de Séchilienne.

 

  Comme à Cannes, il y a la montée des marches
Une salle au sommet

* Après avoir monté quelques marches, je découvre une incroyable pièce à l'atmosphère feutrée. Au fond, je vois...

Voici un indice.

* Je suis sous le toit, dans la salle haute d'une des tours d'angle, avec la classique archère droite centrale pour défendre ce château qui n'a point été attaqué.

* Par la fenêtre, la vue devait être magnifique avant la constructions des immeubles d'habitation.

* L'autre mur (je vous l'avais montré ici) possède la même archère droite.

 

 

C'est la fin

* Après cette promenade dans mes siècles de prédilection, je suis heureux.

* Pourtant, je ne suis pas au bout de mes surprises.

* Pour redescendre vers l'accueil, il faut emprunter un escalier d'apparat en pierre construit au 17ème siècle.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* En 1227, Soffrey, évêque de Grenoble, décide la construction d'un bâtiment fortifié en aval du ruisseau de la Morgne. Ce bâtiment sera donc frontière avec le territoire du seigneur de Gières (bourg adjacent).

* Quelques mois plus tard, un conflit naît entre l'évêché et Emery de Bryancon, seigneur de Gières. Ce dernier fait appel au Dauphin (voir titre de noblesse) pour revendiquer ses droits sur cette terre qu'il considère comme sienne.

* Vers 1230, après le versement d'une coquette somme par le Dauphin André (voir liste), le seigneur de Gières abandonne ses droits sur cette terre. L'évêque de Grenoble fait construire un château fortifié en brique. Cette construction dans le plaine se nomme logiquement : Château de la Plaine.

* Au  13ème siècle, le moulin à eau permet aux Évêques de percevoir des revenus.

* Au 17ème siècle, quelques aménagements sont réalisés dont le magnifique escalier d'apparat.

* Au  milieu du 17ème siècle, les évêques abandonnent définitivement ce vieux château médiéval presque inconfortable mais ils continuent à percevoir les taxes et impôts du moulin à farine et du battoir pour le chanvre.

* Vers 1791, le site est réquisitionné par les Révolutionnaires puis mis en vente. Le château est acheté par le sieur Barnoud qui le transforme en exploitation agricole. Le moulin devient propriété du sieur Barral.

* Au  début du 19ème siècle, durant le 1er Empire, le château est modernisé. Le site est transformé en Hara Impérial.

* En 1840, la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Charité du Bon Pasteur est propriétaire de l’ancien château fort. Ce bâtiment permet à des jeunes filles en difficulté de se réinsérer.

* En 1972, le site devient une maison de retraite pour les religieuses contemplatives et apostoliques du Bon Pasteur

* En 1999, pour aménager une maison de retraite médicalisée laïque, des travaux sont réalisés.

* En 2004, découverte d'une tour médiévale avec archères et de nombreux murs de soutient datés de 800 ans.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur depuis la route est libre et gratuite, mais il n'y a rien de médiéval à voir. La visite des tours et des murs intérieurs n'est possible qu'à certaines occasions comme les journées du Patrimoine.

 

 

Quelle vue sur les montagnes de Grenoble !

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 06:30

 

 

Département :  38 - ISÈRE

 

 

 

Le bourgEst ce la chapelle de la maison de retraite ?

Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Saint Martin d'Hères se situe à 90km au Sud-Est de Lyon, à 60km au Sud-Sud-Ouest de Chambéry et à 3km au Sud-Est de Grenoble.

  

   Coordonnées du château :

45° 10′ 44 N 05° 45′ 14″ E
 45.179026°  5.754128°

 

 

 

Le château :  

Préambule :

Les Journées du Patrimoine

* Tous les ans, j'attends avec impatience les journées du Patrimoine (2ème week-end de septembre) pour visiter des sites habituellement non ouverts au public.

* C'est ainsi qu'en 2012, j'ai décidé de voir la maison de retraite médicalisée "du Bon Pasteur". 

 

 

Je vous sens surpris !

"Il est devenu fou ce Chevalier Dauphinois" murmurent mes visiteuses et visiteurs "Pense-t-il déjà prendre sa retraite alors qu'il n'a que 800 ans ?
C'est très jeune pour un médiéviste, même amateur
".

* Ne vous alarmez pas, je ne vais point en maison de retraite et n'ai point changé le thème de mon blog.

* Bien que ce bâtiment semble moderne, je vais vous montrer un site fortifié incroyable qui a été la résidence d'été des évêques de Grenoble.

 

 

Petite précision

* Durant plusieurs années, je vous ai montré beaucoup de ruines, parfois des sites "virtuels" tant les pierres manquaient et quelques fois, des châteaux entiers.

* Par cet exemple, je souhaite attirer votre attention sur une autre forme de sauvegarde du patrimoine.

* Elle consiste en l'intégration de pans de mur de 8 siècles dans une construction moderne.

Entrez avec moi  par cette porte du temps !

 

 

Que de changement entre ses 800 ans de reconstruction

L'extérieur :

Le plan

* Avant de vous montrer cette curieuse beauté médiévale, il est important de prendre un peu de temps pour assimiler le plan.

* La partie construite au Moyen Âge (encore existante) est représentée à gauche.

* Elle est aujourd'hui intégrée dans les maçonneries modernes du bâtiment en forme de U (inversé) situé à droite.

 

 

La découverte

* En regardant la face coté Sud (en bas sur le plan), j'ai beaucoup de difficultés à appréhender un château fort.

* Je me déplace vers la tour Sud-Est (en bas à droite) pour regarder ce qui fut le donjon d'angle.

 

 

Le donjon et une surprise

* Le crépi et les larges fenêtres ne facilitent pas la compréhension de cette tour maîtresse et pourraient même me faire douter de son origine médiévale.

* Mais si comme moi vous aviez vu l'épaisseur des murs (plus d'un mètre), vous n'auriez aucun doute.

* En avant du mur, je vois un trou entouré d'une protection.

* Cela n'est pas la conséquence de travaux d'entretien mais une surprise spécialement réalisée pour les Journées du Patrimoines.

* La plaque a été enlevée et une lampe a été introduite pour montrer l'emplacement du puits médiéval dont la profondeur est surprenante.

 

 

Une autre tour

* A l'angle Sud-Ouest, je vois une rouge construction accolée à un mur crépi.

* Mon œil d'aigle remarque de suite 2 détails :

1 - Sur la hauteur, les classiques mais nécessaires trous de boulin (voir vocabulaire).

2 - Proche du toit, une fente verticale que j'assimilerai à une archère primitive.

    Sur une autre façade, 3 détails apparaissent :

1 - A mi-hauteur sur la gauche, une archère droite.

2 - Sous le toit au centre, une autre archère droite (elle semble plus petite car la tour a été arasée).

3 - Sous l'archère centrale une ancienne ouverture de guet (Je vous la montrerai de l'intérieur).

 

 

Question que je pressens

"Explique nous Chevalier Dauphinois,

pourquoi dans ta région de montagne

il y a un château fort en brique ?"

* Schématiquement, il existe 3 matériaux pour construire un château fort au Moyen Âge :

1 - La pierre : Mais les carrières sont loin et l'évêque voulait rapidement sa résidence d'été. De plus, dans une terre marécageuse donc une construction protégée par des douves, la pierre nécessite un entretien constant (voir exemple). Conséquence, cette solution n'a pas été retenue.

2 - Le galet roulé : Même si la rivière Isère n'est pas très loin, ce matériaux ne crée pas des murs très solides car le galet doit être assimilé avec du mortier.

3 - La brique : Elle est présente dans la plaine Grenobloise et surtout, elle résiste bien à l'eau, sans entretien important. Elle permet de construire rapidement.

 

 

L'intérieur :

* Pour découvrir les entrailles de cette curieuse construction :

 

Veuillez cliquer sur ce lien.

 

 

Deux archères sur une même façade

 

  Cliquez pour aller au menu des Châteaux du 38 Vers Menu châteaux de l'Isère

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 07:30

 

Avant propos

       Mon blog n'est pas réalisé comme un journal d'actualité, mais comme une liste de curiosités médiévales à visiter, à découvrir, à humer.

 

  Jusqu'à ce jour, je n'ai pas fait la promotion d'une manifestation.

 

  Mais en tant que Chevalier Dauphinois, je voudrais rendre hommage à un incroyable personnage du 21ème siècle  qui tente de faire revivre une ruine du Dauphinée.

 

  Cette ruine Drômoise (département 26) est interdite à la visite car elle n'est pas sécurisée.

 

Pour faire connaître le château, ce courageux personnage organise le dimanche 18 mars une "journée découverte".

 

     Attention :

  • * Ce n'est pas une visite organisée comme vous en faites souvent dans les classiques châteaux sécurisés.
  • * Cette découverte doit se faire sous votre responsabilité.
  • * Pensez aux vêtement solides et aux chaussures de marche.
  • * N'oubliez pas votre pique-nique pour un moment de convivialité.
  • * Vous pourrez ainsi découvrir une ruine comme je la vois habituellement.
  • * Et... il y a de fortes chances que je sois présent. Hélas, je ne pourrai pas venir !
  • Donc  vous verrez :
    • - Une ruine Dauphinoise incroyable avec une histoire très riche.
    • - Un chevalier Dauphinois avec sa tenue de découvreur.
    • - Un "guide" Drômois amoureux de ce château.

 

Invitation :

Dimanche 18 mai 2012, visite du château fort de Mantaille

 

Historique et situation : 


* L'Histoire incroyable du château est ici.

 

* Mantaille est situé dans le Département de la Drôme (26) à :

- 50km au Sud de Lyon,

- 40km au Nord de Valence,

- 20km à l'Est de Annonay

- 4km au Sud-Est de Anneyron.

 

* Carte pour se rendre à Mantaille.

 

* D'autres cartes sont visibles ici.

 

 

Autre ruine à découvrir :

  • S'il vous reste des forces, du courage et du temps,

 

Note ajoutée le 17  mars

*_* Contrairement à ce que je pensais, je ne pourrai pas me rendre à cette journée découverte.

*_* Une petite chute en montagne me contraint à 2 jours de repos. 

*_* Je penserai à vous !

 

 

  Cliquez pour revenir au menu des Châteaux du 26 Vers Menu châteaux de la Drôme

 

Partager cet article

Repost0