13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:30

 

La découverte de l'extérieur du château est ici.

 

 

 

Département :   50 - MANCHE

 

 

 Plusieurs siècles d'architecture se côtoient

 

Le château (suite) :

        L'intérieur

La tour Ouest - Fascination

* A l'extérieur, j'ai été si fasciné par la construction d'angle du 13ème siècle que de suite je ne veux voir qu'elle (je suis un incorrigible amoureux du Moyen Âge).

* Accrochée au bout du fantôme de la courtine (qui me parait bien peu épaisse pour un château médiéval), l'ancienne tour-porte garde les traces de ses origines bien que les siècles l'aient transformés.

Avez vous remarqué une caractéristique

architecturale que j'adore ?

* Ceux qui commencent à me connaître ont regardé en hauteur, coté extérieur, pour voir... les latrines en encorbellement.

 

 

La tour Ouest - Constatations Plan du château de Gratot

* Lorsque qu'à la fin du 16ème siècle, la porte d'accès a été déplacée au centre, l'entrée médiévale a été bouchée transformant la construction en classique tour d'angle.

* En partie basse la salle est borgne, l'accès aux étages (dans la tour-escalier) n'est possible que depuis le chemin de ronde aujourd'hui disparu.

* Cette construction est fascinante car, bien que modifiée, elle a gardé sa rudesse médiévale.

* C'est la plus vieille construction de l'actuel château. Le plus fascinant, c'est qu'elle a fait évoluer son système défensif en s'adaptant aux armes à feu.

Quelle vie !

 

 

Les sous-sols

* La visite de cette beauté médiévale étant payante, je ne vais pas vous montrer toutes les merveilles à déguster et je m'abstiendrais de vous faire découvrir les salles d'exposition (dans les communs du 17ème siècle) merveilleusement détaillées.

* Mais je ne peux pas résister au plaisir de vous allécher avec les salles basses.

* Évidemment, il faut prendre un escalier en colimaçon pour descendre au paradis .

* La vue de ses salles en enfilade aux voûtes reposant sur un puissant pilier central est impressionnante.

* Bien que des bouteilles et tonneaux ont été découverts, ces pièces n'étaient pas que des caves.

* La présence d'une cheminée prouve que le personnel travaillait, cuisinait, mangeait, lavait le linge dans ces solides salles lumineuses. 

 

Une bâtisse du 15ème au 18ème siècle

 

 

La tour ronde

* Construit au 15ème siècle, le haut et filiforme édifice est une tour-escalier.

* Cela se voit par le non alignement des ouvertures de lumière.

* L'escalier desservait les étages du logis seigneurial en partant des caves.

* En voyant l'usure des marches et les multiples réparations, j'en conclus cet escalier devait être très fréquenté.

* La tour ne possède aucun système défensif (archère ou fente de tir) car elle regarde la cour intérieure.

* Pourtant,  je suis surpris de ne pas voir de bretèche ni mâchicoulis (voir vocabulaire) pour une défense rapprochée.

Peut on conclure que la région

était pacifiée au 15ème siècle ?

* Au sommet, je remarque une ouverture rectangulaire avec de nombreux trous de boulins alignés à l'horizontal.

Sont ce les vestiges d'un système de hourdage

pour la défense rapprochée ?

* Un peu plus haut que la tour escalier, le fin tourillon est surprenant.

* Ma documentation affirme que c'était un observatoire.

 

Une terrifiante gargouille pour garder... une princesse ?

 

La tour à la fée

* La forme de cette tour (datant du 15ème siècle) est si originale qu'elle semble sortie d'un conte pour enfant.

* Posé sur une base circulaire, l'habitat carré au sommet est en encorbellement.

* La fenêtre renaissance sous le toit en bâtière semble presque irréelle.

* Je m'attends à voir une belle princesse à la longue chevelure blonde criant :

"Au secours !"

* La gargouille, la balustrade et le galbe orné d'acanthe font exploser mon imaginaire d'enfant qui sommeillait depuis 800 ans.

 

 

Le logis seigneurial

* Avec un château qui a été habité longtemps, de nombreux détails Renaissance ou de confort ou de noblesse apparaissent.

* C'est ainsi que je grimpe un perron du 17ème siècle pour arriver dans des salles lumineuses où la surface de mur est plus petite que celle des fenêtres.

* Chaque pièce est desservie par de nombreuses portes et réchauffée par de belles cheminée.

* Il est vrai qu'il faut un peu d'imagination pour voir ces beautés car le temps, les hommes, les vols ont abîmé les décors.

* Le Chevalier Médiéval qui sommeille en moi se réveille soudain en voyant, sous des lucarnes, un système défensif.

* Une partie du mur a certainement été construit au 15ème siècle, époque des premières armes à feu de défense.

 

 

C'est fini

* Visiter un château médiéval du 13ème siècle qui a continué de vivre durant 500 ans est un doux plaisir.

* Pour le terminer avec finesse, je décide de sortir coté Sud vers l'ancien jardin à la Française.

* Avant de me noyer dans la verdure, je jette un dernier regard sur l'enchevêtrement harmonieux de ce château unique.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* Au 10ème siècle, une construction en bois existe certainement.

* En 1126, Clerembolt de Gratot est cité dans un texte, mais aucune mention est faite sur un château.

* A la fin du 12ème siècle, le fief de Gratot appartient à une famille nommée Creuilly.

* Au 13ème siècle, construction d'un château fort.

* Au 15ème siècle, construction de la maison seigneuriale et de deux tours de défense.

* A la fin du 16ème siècle, dans l'angle Ouest la vieille tour-porte avec pont-levis est bouchée. La nouvelle porte d'accès est au centre de la façade.

* Au 17ème siècle, le château prend une forme plus habitable et confortable. Les bâtiments médiévaux du 15ème siècle sont transformés. Fenêtres et lucarnes amènent la lumière.

* Au 18ème siècle, le site devient le siège d'un Marquisat (voir titre de noblesse).

* En 1776, le domaine de Gratot comprend :

- Une maison seigneuriales couverte d'ardoises et entourée de larges douves,

- Au sud, des communs, une chapelle castrale (aujourd'hui église paroissiale)

- A l'Ouest, une charreterie et un lavoir,

- A l'Est, une grange et deux charreteries,

- Au Nord, laiterie, étable, grenier, pressoir

- Quatre hectares.

* En 1777, le dernier membre de la famille d’Argouges décède sans héritier. Cette famille aura régné 5 siècles sur ce territoire./

* Durant le 19ème siècle, les différents propriétaires n'entretiennent pas le château. Le lierre et la végétation détruisent lentement cet ancêtre.

* Au début du 20ème siècle, le château n'est plus habité. Il devient une romantique ruine.

* En 1939, sous le poids de la neige, les toits des bâtiments du 18ème siècle s'écroulent.

* Vers le milieu du 20ème siècle, des bénévoles s'organisent, créent une association de sauvegarde et consolident les bâtiments.

* Au 21ème siècle, la découverte du site depuis l'extérieur est libre et gratuite. La visite des bâtiments est payante. La dense documentation et les différents panneaux pédagogiques permettent de comprendre le Duché de Normandie et les dégâts causés par la Guerre de Cent ans.

  Pour donner plus de vie à cette ruine, les membres de l'association de sauvegarde répondent avec brio à vos questions. Le soleil est si présent dans les yeux de ces bénévoles que la ruine parait encore vivante et habitée.

Un site peu connu à visiter d'urgence.

 

 

Particularité :

* Ce magnifique château a été le décor d'un terrible drame d'amour qui s'est transformé en légende avec les années.

 

Cette histoire vous est contée ici --> Clic

 

 

Dans cette région plate, se mettre en hauteur permet de voir l'infini

 

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commentaires

Anne la Dauphinoise 15/10/2012 14:01

Comme je ne lis rien dans votre historique entre le XIIe et le XVIIIe siècle au sujet des seigneurs de Gratot, je me permets d'y ajouter ce que j'ai pu recevoir en cadeau comme renseignements :
... En 1204, Philippe Auguste rend le fief de Gratot à Hugues de Gratot (descendant de votre Clarembold de Gratot du XIIe siècle) en dépossédant le sire de Creuilly de ses biens, parce que ce
dernier s'est mis du côté de Jean-Sans-Terre.
... Puis une descendante d'Hugues de Gratot, Jeanne de Gratot, fait passer la seigneurie de Gratot dans la famille d'Argouges, par son mariage avec Guillaume d'Argouges, dans la première moitié du
XIIIe siècle.
... Et ce château restera dans la famille d'Argouges pendant 5 siècles, comme vous nous l'avez dit.
... Voilà où avait été mon erreur au manoir d'Argouges : les Gratot et Argouges ne forment qu'une seule et même famille à un moment donné de l'Histoire : les Argouges, avec les 2 châteaux leur
appartenant. Et les Argouges - bien plus importants seigneurs que les Gratot ? - ont eux aussi (ou les premiers ?) emprunté la légende de la fée pour leur château d'Argouges.

NB : je suis retournée au manoir d'Argouges, car quelque chose me "titillait" l'esprit à Gratot :impression de déjà vu, connu. Et, regardant à nouveau la dernière photo de votre article sur
Argouges montrant un dessin du manoir en perspective, j'ai compris : il semble (ou je me trompe ?) que ce manoir d'Argouges possédait lui aussi une tour "ronde-carrée" et qui ressemble beaucoup à
celle de Gratot : la "marque" des seigneurs de ce temps ?...

Le Chevalier Dauphinois 15/10/2012 14:05



  Les eeigneurs de Gratot possédaient plusieurs châteaux. Plusieurs ont été construits après le Moyen Âge et ne seront point dans mon blog. J'ignorais que la si originale tour existait dans
un autre lieu.



Esclarmonde 12/10/2012 15:04

Un tel endroit n'a pu qu'inspirer des légendes tel celle de cette fée. Une histoire que j'ai déjà entendu quelque part car je suppose qu'il existe plusieurs versions dans différents pays ou
régions... Un endroit vraiment somptueux, Excalibur a été tourné en Irlande mais il aurait pu être tourné là en Normandie ! Bonne journée

Le Chevalier Dauphinois 12/10/2012 23:21



  Beaucoup de légendes se ressemblent, un amour malheureux, une femme qui se perd dans l'éternité, un diable construisant un pont en 1 jour, ce sont les grands classiques dont personne ne se
souvient de l'origine.


  Mais les lieux à légendes sont souvent des lieux de légende.



Anne la Dauphinoise 12/10/2012 14:34

Par votre tiers avis moult me contentez vous, Chevalier. Or prouchain iour me sierait (vous sierait il ?) et a ce attente, povoir lors mes proses escripre a langage ou temps de vos ruines, tant
pour vous comme pour elles.

Le Chevalier Dauphinois 12/10/2012 23:19



Avoir des commentaires en vieux Français, cela ferait plaisir à mes vieiles ruines. elles retrouveraient leur jeunesse.


  Par contre, point je serais capable de réaliser un article dans ce langage..... Bien qu'ayant 800ans, j'avoue avoir oublié les formulations.



Anne la Dauphinoise 11/10/2012 18:22

C harmée je suis, à voir si bel castel,
H eureuse aussi qu'aujourd'hui il recèle
A utant de trésors venus d'un passé
T ant lointain, certes, mais non pas oublié...
E st la tour-porte d'origine restée
A uthentique, attirante et sur laquelle
U n parfum de jadis flotte, irréel...

D escendre au paradis !... c'est un concept
E n lequel je veux croire, et que j'accepte

G râce aux images montrées des salles voûtées :
R avissantes elles sont, aux anges on est...
A donc, au paradis est-on entré !...
T our escalier si ronde, fut-elle hourdée ?
O bservatoire y était accolé :
T rès "en vogue", car l'astronomie plaisait...

M élange de carré et de rondeur
A la Tour de la fée; si a bien l'heur
N 'avoir subi du temps les viles horreurs :
C 'est un enchantement d'y voir alors
H armonie des sculptures et des décors
E ntremêlant gargouille, balcon ailleurs...
-
F allait-il votre regard de passionné
I ci, pour voir le logis fortifié...
N 'est votre visite que bonheur partagé...

Le Chevalier Dauphinois 11/10/2012 20:24



J'ai eu 3 bonheurs avec ce château :


1 - Le découvrir au mois de mai, sans touriste, sans pluie et durant de longues heures.


2 - Trier les images un an après, revivre ce moment de découverte et proser pour le montrer autrement que sur les prospectus.


3 - Puis, lire votre prose si habile, conçue rien que pour moi (et la ruine bien sur).



vikki 11/10/2012 11:38

bonjour cher Chevalier
en effet , ce château est fascinant .
heureusement qu'il existe des associations
qui rénovent ces vielles pierres , grâce a
qui , nous avons la chance d'avoir encore ,
dans notre beau pays , de biens jolis bâtiments.
belle journée a vous cher Chevalier .

Le Chevalier Dauphinois 11/10/2012 17:18



  Je suis admiratif du travail et de la volonté des associations. Sans cette loi de 1901, nombre de nos ruines n'existeraient plus.


 Gratot ne ressemble pas au classique château fort, c'est un bâtiment peu guerrier au charme presque irréel.