2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 08:57

 

 

Département :  07 - ARDÈCHE

Est ce un mirage ou une merveille sortie de terre pour moi ?

 

 

 

Le bourg :

Situation :   (--> le voir sur une carte)

  La commune de Saint Basile est située à 25km à l'Ouest de Valence, à 10km au Nord-Est de Le Cheylard (voir son château) et à 5km au Sud-Sud-Ouest de Lamastre (voir son château).

 

   Coordonnées du château :

44° 57' 03" N 04° 33' 46" E
 44.9507397°  4.562888145°

 

 

Toponymie :   (--> voir initiation)

* Deux hypothèses existent sur le nom : Maisonseule.

-1- Les échauguettes sur culots du donjon primitif étaient nommées au 14ème siècle par les habitants du village : Des Maisoncelles.

La déformation a transformé cette curiosité architecturale en Maisonseule.

-2- Curieusement, aucune maison, aucune ferme, aucune église est proche du château.

L'isolement, la solitude a peut être donné le nom à ce magnifique et unique château.

 

Serait ce le château fort idéal pour votre Chevalier ?

 

 

Le château :  

L'extérieur :

La découverte

* Au bout d'une petite route, à une altitude de 850 mètres, apparaît une gracieuse construction.

* De suite, j'ai un coup de foudre.

* Je pressens que cette beauté va me montrer milles détails, mais comme toutes les belles, elle va aussi se cacher, se faire désirer.

* Diantre !

* Je n'ose avancer pour ne point l'effrayer.

* C'est donc à pas feutrés que j'approche de cette construction enchanteresse.

 

 

Le donjon primitif

Voyez vous le donjon primitif sur la gauche ? * La construction la plus ancienne occupe l'angle Nord-Ouest. (C'est le bâtiment dans l'ombre à gauche).

* Grâce à la vue satellite, elle est facilement identifiable.

* Cette construction se nomme curieusement : Donjon Saint Louis.

* Il mesure 12,6 mètres par 6,2 mètres et comporte 3 étage plus rez de chaussée.

* Les parements d'angle sont réalisés avec d'imposantes pierres.

* Les 4 angles possèdent des échauguettes sur culots.

* Coté Nord, de nombreuses latrines à encorbellement sont visibles (hélas pour vous, je ne les ai vues qu'à travers les feuilles des arbres et avec une paire de jumelles. Il m'était impossible de les immortaliser).

* La façade Ouest montre, au niveau du chemin de ronde (donc sous le toit), un hourdage avec pan extérieur incliné, de plus équipé de volets. Ce type de hourd est assez rare. Très souvent, un hourdage ressemble à ceci ou à cela.

Est ce une reconstruction imaginaire ?

Ou un aménagement suivant des documents d'époque ?

* Sous le hourdage, la courtine montre deux détails :

- Des fenêtres à meneau en croix, certainement aménagées après les Guerres de Religion.

- Des fentes verticales que j'ose nommer : Des archères.

 

 

Cette courtine prend toute la lumière du soleil... et de mon intérêt

La façade Sud

* Évidemment étant au Sud, cette courtine est magnifiquement éclairée.

Voyez vous toutes ses défenses ?

-1- D'abord, à l'angle, il y a une ronde tour possédant des archères en étrier, mais aussi de petites ouvertures rondes pour fusil.

-2- Puis, en hauteur, de nombreuses consoles triples ayant porté un hourdage. Mais il est possible que ce fut des mâchicoulis (voir vocabulaire). Cette courtine étant plus récente que le donjon Saint Louis, un système défensif fixe en encorbellement semble plus logique.

-3- Sous le toit, les ouvertures carrées marquent l'emplacement de la salle défensive

-4- Quelques fentes de tir se devinent sur la paroi.

* Évidemment, le confort n'a pas été oublié après le 16ème siècle. Comme pour le donjon Saint Louis, de grandes fenêtres à meneaux en croix ont été ouvertes à tous les étages.

 

 

Les tours d'angle

* Avant de montrer la dernière façade visible depuis le sentier, je m'attarde sur les tours d'angle.

* Elles sont au nombre de 3, puisque le 4ème angle est occupé par le donjon.

* Les archères en étrier sont toujours visibles en hauteur.

* L'étage inférieur montre toujours des archères-arquebusières ou archères-canonnières.

Avez vous remarqué la curiosité dans l'angle ?

* Au sommet, bien que souvent obstruées, les ouvertures carrées servaient à guetter mais aussi défendre.

* Je suppose que l'actuelle fenêtre était, avant arasement du château, une porte menant vers les mâchicoulis.

Avez vous remarqué une curiosité sur la tour Nord-Est ?

Que pensez vous que cela fut ? --> clic

 

 

La façade EstEcouter le silence autour de ce château médiéval unique

* Cette façade ressemble à la précédente et pourtant elle est différente.

* Elle comporte de nombreuses fenêtres, mais ces baies possèdent 2 meneaux horizontaux.

Que puis je en déduire ?

* Pour qu'il y ait autant de lumière dans la salle, Il est possible que ce soit la grande pièce de réception.

* Pour confirmer ma supputation, il faudrait que j'entre.

 

 

L'intérieur :

Hélas !

* Point de fossé ni de pont levis ni de herse pour m’empêcher d'entrer.

* J'avance vers la porte.

* Elle n'est point ouverte.

* Je toque, je retoque, je reretoque.

* L'heure n'est pas à l'ouverture du château pour un Dauphinois curieux, affamé et fatigué.

* Je repars vers d'autres aventures castrales, sans oublier d'admirer le panorama.

 

 

Comment le visiter ?

* Pour visiter le château, il faut :

- Soit réserver par téléphone.

- Soit louer une ou plusieurs chambres d'hôtes.

- Soit attendre le week-end des journées du Patrimoines.

 

 

Le diaporama du château est visible ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

* Au 13ème siècle, construction d'un donjon qui est curieusement nommé : Saint Louis (Cette classique construction est visible au bout de la flèche jaune : Bâtiment quadrangulaire avec 4 échauguettes d'angle). Il est possession de la famille Sahune ou Assahune ou Asseyne (suivant les orthographes des documents et les époques d'écritures).

* En 1273, Raymond d'Asseyne rend hommage pour son château au seigneur de Lamastre et au seigneur de Polignac.

* En ce dernier quart du 13ème siècle, Raymond épouse une damoiselle de Presle dont la famille possède le château de Vaussèche.

* Au 14ème siècle, le château s'agrandit coté Nord en recevant une spacieuse cuisine.

* Au 15ème siècle, durant la Guerre de Cent Ans, le château s'agrandit au Sud, coté le plus accessible en cas d'attaque. Le système défensif s'adapte à l'évolution des armes à poudre. Des arquebusières sont aménagées.

* En 1526, Balthazar d'Asseyne épouse Françoise de Pierregourde.

* En 1550, Phélise d'Asseyne, la fille unique de Balthazar et Françoise, épouse Guillaume de La Gruterie, seigneur de Chassagne et bailli du Comte de Joyeuse. Elle apporte le château de Maisonseule en dot.

* Vers 1553, naissance d'Alexandre de La Gruterie, fils de Guillaume et Phélise.

* Dans le troisième quart du 16ème siècle, le nouveau propriétaire du château se nomme : Alexandre de La Gruterie de Maisonseule. Il modifie fortement l'architecture du château en créant de nombreuses fenêtres à meneaux, de grandes cheminées et un oratoire au 1er étage de la tour Nord-Est.

* A la fin du 16ème siècle, Alexandre épouse Antoinette Bayle de la Motte Brion.

* En 1610, Jean de La Gruterie de Maisonseule, fils de Alexandre et Antoinette, épouse Judith de la Tour du Pin Gouvernet, fille de Paule de Chambaud Baronne (voir titre de noblesse) de Privas (voir le rôle de la Baronne rôle dans l'un des épisodes des Guerres de Religion).

* En 1644, Claude de la Gruterie, Baron de Maisonseule et la Chatre (fils de Jean et Judith) épouse Claude de Roiran.

* En 1663, Antoine de la Gruterie, fils de Claude et Claude, est Chevalier de Malte.

* En 1690, Antoine-Marie de la Gruterie de Maisonseule achète plusieurs seigneurie dont celle de Désaignes (voir le château) à la Princesse de Turenne. La famille  Gruterie est au sommet de leur gloire... car la chute est proche.

* En 1709, durant la grande famine, Antoine-Marie n'ouvre pas ses greniers, il préfère vendre très cher ses sacs "pourrissants".

* En 1730, Antoine-Marie décède sans héritier. La seigneurie échoue à sa soeur : Claudine de Maisonseule.

* En 1739, Claudine décède célibataire et sans enfant. Évidemment, ses sœurs (Jeanne et Anne) et famille de Claudine se disputent l'important héritage.

* Vers 1740 (?), Louise épouse Gaspard de Grollier et apporte le château en dot... (Curieusement un autre texte affirme que Louise épouse Gaspard en 1704).

* En 1742, après un long procès, Louise de Chevrière, nièce de Claudine et fille de Jeanne, hérite de Maisonseule. La famille Grollier administre les biens.

* En 1759, le château est possession du Marquis Pierre Louis Gilbert de Grollier, fils de Louise et Gaspard.

* En 1793, le Marquis est guillotiné (curieusement un autre texte affirme qu'il est fusillé à Lyon suite à sa participation à l’insurrection contre la Convention). Le château de Maisonseule est réquisitionné par les Révolutionnaires mais le site étant multi-propriétaires, il ne peut pas être vendu comme Bien National.

* A la fin du 18ème siècle, après de nombreuses péripéties, Maisonseule appartient à la veuve de Pierre Louis.

* Au début du 19ème siècle (à vérifier), le château est vendu à Dorel, un ancien commandant des Guerres d'Italie.

* En 1816, Dorel vend le château à l'abbé Furster.

* En 1820 l'abbé Furster transforme le château en établissement d'enseignement donnant naissance 2 ans plus tard à la congrégation de Saint Basile.

* Vers 1828, la communauté religieuse quitte Maisonseule devenu trop petit pour Bourg Saint Andéol.

Durant la fin du 19ème siècle et le milieu du 20ème siècle, de nombreux propriétaires se succèdent. Il semble que peu d'entre eux consolident ou rénovent le château.

* En 1859, Raphaël Gayard (à vérifier) achète le château qui n'était plus habité depuis 30 ans.

* A la fin du 19ème siècle (à vérifier), le château est possession du Vicomte de Barrère (à vérifier).

* En 1941, la famille du Vicomte vend le château à madame Chapon.

* Après la 2ème guerre mondiale, le château devient le centre d'une colonie de vacances.

* Durant le troisième quart du 20ème siècle, les propriétaires ne logent que dans une partie du rez de chaussée (cuisine et dépendances)--> Information à vérifier.

Le château va-t-il s'effondrer par manque d'entretien ?

* En 1983, le château est inscrit aux Monuments Historiques.

* En 1990, Yves le Coq, l'imitateur humoriste, tombe amoureux du château, l'achète et commence à le faire restaurer avec passion et intelligence.

* Durant la fin du 20ème siècle, il dirige les travaux de réhabilitation tout en faisant les brocantes, antiquaires et les salles des ventes à la recherche de mobiliers en accord avec ce château unique.

* Le 7 septembre 2013, un incendie se déclare, engendré par la foudre.

Est ce la 2ème mort du château ?

   Non, car l'incendie vite maîtrisé n'a causé que des dégâts sur une partie de la toiture.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château depuis le sentier est libre et gratuite. La visite de l'intérieur est possible sur réservation ou en prenant une chambre. Veuillez respecter la propriété privée et le silence de ce site du bout du monde !

 

 

Comme ce paysage est paisible !

 

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commentaires

Pierrote 05/02/2018 20:06

M irable castel… Même rénové
A t-il gardé empreinte du passé
I ncrustée dans architecture massive
S entant repli sur soi et défensive.
O n est comme écrasé par ces hauts murs.
N e sont-ils laids à voir : telle structure
S ait fort me plaire par son aspect austère.* «
E nchanteresse » avez écrit**… J’adhère !
U ne vision laissant grand’part aux rêves :
L ‘on imagine qu’est temps de la trêve,
E t donjon semble paisible, « assagi »;

S oit guerre est advenue, et sont ici
A ssez de sécurités aperçues
I ndiquant qu’étaient, pour sûr, attendus
N aguère ennemis. De partout devait
T omber pluie de pierres, flèches, boulets.

B énéficia la place d’un hourdage.
A ubaine pour mes yeux ! Cet habillage
S uperbe est, à mon avis, le premier,
I l est vrai, dans défenses préférées,
L ‘esthétique comptant, de prime abord.
E njolive parois d’un castel fort

A défaut d’être le plus efficient.
R appel que songes - en est-ce un trait charmant -
D evoir n’ont mie se plier à raison,
E t c’est tant mieux ! Font-ils, de cette façon,
C ohabiter réalité, désirs…
H érésie n’est de mise, aussi plaisir
E st tout entier quand pouvons découvrir

V énérable lieu aux façades emplies,
I lluminées devrais-je dire, de si
V ivants fragments de son époque ancienne;
A l’histoire tant détaillée, pérenne…
R avie je fus visiter « avec vous »
A ussi puissant bâti, toujours debout,
I ntimidant, séduisant plus encore.
S avouré l’ai-je avec très grand bonheur !

* j’en ai oublié les nombreuses ouvertures, c’est dire !
** § « la découverte », dernière phrase.

Le Chevalier Dauphinois 09/02/2018 11:58

* Ayant déposé mon destrier bien loin du site castral, ayant choisi la marche d'approche pour découvrir ce château....
....... J'avoue qu'à chaque vers lui, mon plaisir montait.
* Et puis il y a le silence, et puis la solitude du lieu, et puis les odeurs, et puis....
* Mon rêve serait de dormir un week-end en ce château pour bénéficier de tous ses plaisirs.