20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 08:13

 

 

Département :  07 - ARDÈCHE

 

 

Les vignes sont gardées par un puissant château fort

 

 

Le bourg :

Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune d'Arras sur Rhône est située à 45km au Sud-Est de Saint Étienne, à 25km au Nord-Nord-Ouest de Valence, à 15km au Sud-Ouest d'Annonay et à 8km au Nord de Tournon (voir son château).

 

   Coordonnées du château :

45° 08' 30" N 04° 48' 16" E
 45.14158615°  4.80441838°

 

 

 

Le château :  

L'extérieur :

En territoire ennemi

* Après avoir visité le château-musée de Tournon, avec précaution je remonte le Rhône sur la rive droite.

Pourquoi "Précaution" ?

* En tant que Chevalier Dauphinois, j'appartiens en ce 13ème siècle au Saint Empire Romain Germanique. Je suis donc un "espion" en Vivarais, territoire du Roi de France (voir liste).

* Soudain, au dessus de la commune d'Arras, sur une colline à l'Ouest, en bordure de la rivière Ozon, je vois une ruine dont j'ai la représentation dans ma besace.

 

 

Sont ce les pierres du village médiéval ?

 

 

La montée vers mon Graal

* Un agréable chemin traversant les vignes, monte en pente douce vers le site castral.

* A l'approche du château, de nombreux murs en pierres sèches, certes utilisés de nos jours comme délimitation des champs, me font imaginer qu'un le petit village médiéval existait.

 

 

Le rempart (?)

* Un haut mur très vert tente de m'empêcher de rejoindre le château.

* Il est réalisé en pierres de petites dimensions et pauvrement équarries.

* L'épaisseur du mur me confirme sa fonction défensive (rempart ?).

* Avec précaution, je contourne cette "muraille" ne comportant curieusement aucune archère, ni trace de mâchicoulis (voir vocabulaire) et encore moins de crénelage.

 

 

 

Quel curieux emplacement pour un donjon

L'intérieur :

La haute tour

* En un bond, j'entre dans le château.

* De suite, la construction qui occupe mon attention est évidemment la tour maîtresse.

* Sa hauteur dépasse les 20 mètres

* Son diamètre extérieur approche les 7 mètres.

* L'épaisseur du mur de la tour oscille entre 1,3m à 1,6m (à vérifier).

* Elle est construite avec des moellons en granit pauvrement taillés.

* L'ouverture verticale ressemble à une archère. Je suis surpris par la largueur de cette fente.

Serait ce un puits de lumière ?

* Les multiples trous carrés sur la hauteur sont prévus pour la construction et la réparation de la tour. Ils sont nommés : Trous de boulin.

* Au sommet, jeun crénelage est visible. Son aménagement me parait suspect.

Est ce une reconstruction récente ?

* Grâce à fondement d'une paroi, il est possible de voir les entrailles de la tour maîtresse.

* L'étage visible est voûté en coupole. L'orifice au plafond pour permettait, par une échelle rétractile en bois, de monter et descendre. Ce système de circulation dans les tours étroites était classique.

Avez vous regardé la fente verticale ?

* Elle est située trop haut du sol pour être utilisée comme archère. Ce serait donc un puits de lumière.

* Mais... un puits de lumière possède un plan incliné en partie basse.

Est ce une erreur suite aux consolidations récentes ?

 

 

L'intérieur du château est riche.... en ruines

Logis, communs..... Que de vestiges !

* Pour mieux comprendre la tour maîtresse, je prends un peu de recul et...

   ... oups, j'ai failli tomber.

* Le sol est jonché des restes de mur, de pierres provenant des vestiges, de trous......

* Je suis dans la partie de vie du château.

* Bien que je ne sois pas capable d'identifier la fonction exacte de chaque pan de mur, il semble évidement que je suis face aux communs et logis.

 

 

Curieuse... curiosité !

* Pensant avoir tout vu, lentement je prends le chemin du retour quand je suis interloqué.

Que pensez vous de ce mur si près de la tour ?

* J'ai l'impression que le donjon était enchemisé.

Me trompe je ?

* Tout en réfléchissant sur mon hypothèse, je pose mon séant sur une pierre plate pour admirer le paysage.

* Le plaisir de regarder au loin mon Dauphiné (sur la rive gauche du Rhône) m'a fait perdre la notion du temps. La nuit vient de tomber.

 

 

Le diaporama du château est ici - CLIC

 

 

 

Histoire du château :

La date de construction du château est inconnue.

* Entre 1160 et 1191, Guillaume d'Arras est cité dans plusieurs textes comme négociateurs entre plusieurs belligérants.

* En 1223, Jocerand d’Arras est cité comme témoin dans un conflit.

* En 1266, Silvion d’Arras et sa femme Béatrice donnent au Dauphin du Dauphiné (voir liste) la seigneurie d'Arras. Ce dernier leur rend terres, château et péages (à vérifier).

* En 1285, Silvion d’Arras est père de 2 filles, Alysia et Philippa. Il décide de vendre son péage d’Arras à ses 2 gendres.

* En 1287, Jocerand d’Arras, fils de Silvion d’Arras, devient seigneur d'Arras.

* Vers 1323, Ponchon d’Arras détient la moitié de la seigneurie d'Arras. C'est peut être à cette époque que le château posséda 2 tours :

- La tour carrée, aujourd'hui disparu.

- La tour ronde et blanche, dont la silhouette est visible en notre siècle.

* Au début du 21ème siècle, la découverte du site castral est libre et gratuite. Veuillez respecter les vignes et les plantations. Soyez prudents car le risque de glisser ou de recevoir une pierre n'est pas nul.

 

 

Quelle magnifique vue sur mon Dauphiné, au loin

 

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commentaires

Pierrote 23/10/2017 17:55

A rruiné comme je les aime est castel.
R estes disséminés ainsi sont bels,
R emplis de tant d’images du passé «
A la sauce de nos rêves assaisonnées ».
S ouveraine tour maîtresse nous paraît

S i imposante encore, bien qu’elle ait
U n tant ses guerriers attributs perdus.
R iche est-elle de ce que qui a disparu,

R appellé par détails bien expliqués -
H eureusement ! - par nostre Chevalier.
O n ne saurait apprécier pleinement,
N enni, tous ces vestiges aperçus sans
E tre épaulé par un guide connaissant

V aleur et sens de ces murs de jadis.
I ndiscutablement est-ce pur délice
V oir en une paroi « commune » rempart
A uquel on associe, de part en part,
R ondes tours même si peut-être n’existèrent.
A u logis, et aux communs de naguère
I l fut un peu plus malaisé songer,
S auf que trou entrevu et comme voûté*

A penser à cuisine, citerne me fit :**
R avissante imprégnation dans la vie
D e tous les jours des seigneurs de ce lieu.
E st-ce malheureux que leur histoire si peu
C onnue nous prive « divaguer » davantage :
H anté par moult conflits fut Moyen-Âge,
E t ce site n’en ressentit nul dommage ?

N e fut donc qu’un péage cette place forte ?
O u renferma t-elle de soldats cohorte ?…
T out compte fait, je n’en ai guère cure :
A mes yeux, endroit a fort belle allure ;

B ien détruit certes, mais imagination
E ncourageant. Est-ce pour moi passion
N ourrir esprit de voyages médiévaux***
E n lesquels sont mirés de tels châteaux.

* 4e image de votre article.
** le verbe ancien « apenser », pas « à penser »…
*** de plus, par l’image du lien « un haut mur très vert », j’ai cru revoir le castel de mon enfance : celui qui se trouvait sur « mes terres ».
Et j’ai pensé à l’Histoire cocasse des Dauphinois vassaux de l’empereur Germanique de droit, mais vassaux du roi de France de fait… sauf lorsqu’ils ne voulaient mie obéir au roi : ils prétextaient alors – à juste titre – qu’ils dépendaient de l’Empire et non du royaume des lys !… et cet état dura long temps, même après le Transport du Dauphiné à la France. Mais il faut reconnaître que la plupart du temps, les Dauphinois furent au service du roi de France et moult d’eux allèrent se faire occir sur les champs de bataille pour la fleur de lys.

Le Chevalier Dauphinois 24/10/2017 08:17

* Ce château ne fut pas une garnison mais une "simple" résidence de seigneur(s).
* Un château marque un territoire (une seigneurie) donc permet d'avoir des revenus (paysans habitats dans le village par exemple).
* Évidemment, il permettait la surveillance de la navigation sur le Rhône, mais il n'était pas le seul. Chaque commune le long du fleuve possédait un château.
* Par rapport à d'autres sites très ruinées et même inexistants le long du Rhône, le château d'Arras est "presque" neuf.... presque !