18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 08:04

 

 

Département 64 - PYRÉNÉES ATLANTIQUES

 

Quel fabuleux rempart presque intact

 

 

 

Le bourg :

Situation :   (--> le voir sur une carte)

   La commune de Bellocq est située à 55km au Sud-Ouest de Mont de Marsan (voir ses fortifications), à 40km au Nord-Est de Bayonne (voir son château), à 20km au Sud-Est de Dax (voir ses remparts) et à 10km au Nord-Ouest d'Orthez (voir son château).

 

  Coordonnées du château

43° 31' 02" N 00° 54' 53" W
 43.5172070879°  -0.914904177°

 

 

 

 

Le château

L'extérieur :

La découverte

* A l'extrémité Nord-Est de la commune, sur une motte castrale de faible hauteur, entouré de vignes, apparaît le Graal de ce jour.

* Son architecture est facilement lisible :

- Certainement un fossé précédait le château.

- Une base parallélépipédique.

- Une tour à chaque angle.

- Une porte, fortifiée par une tour --> Tour-porte ?

L'enquête rapprochée commence.

 

 

La première tour

* Sur ce coté, de nombreuses rides montrent l'âge du rempart et de la tour.

* L'avantage : L'effondrement d'une partie de la tour laisse apparaître un escalier en pierre permettant aux défenseurs d'accéder à l'étage supérieur.

 

Avec une telle base, la tour ne peut pas ressembler à celle de Pise

 

Une autre tour

* Cette tour défensive d'angle a eu la chance d'être consolidée.

* Comme ses consœurs, elle est constituée de pierre correctement en calcaire blanchâtre.

* Elle possède une base talutée.

* Son système défensif est composé d'archères en étrier disposées sur plusieurs étages et permettant de tirer aussi bien coté courtine que vers le fossé.

* Pour un château ayant survécu au moins jusqu'au 17ème siècle, je suis surpris de ne point voir de systèmes défensif pour arme à feu (canonnière, arquebusière, fente de tir pour fusil...).

* Au sommet, les pierres en encorbellement sont les vestiges de mâchicoulis.

 

 

Le rempart

* Contrairement à ce que je supputais en le découvrant de loin (voir mon introduction), le château de Bellocq a la forme d'un parallélépipède irrégulier comportant 7 tours.

*  Les murs sont si arasés qu'il est impossible de voir ou deviner si crénelage et mâchicoulis (voir vocabulaire) existaient.

* Les systèmes défensifs ne se voient que sur les tours.

 

Une entrée bien fortifiée

 

La tour porte coté Sud-Ouest

* Sa forme anguleuse tranche à coté des rondes tours.

* Sa base est rectangulaire : 7m par 8m.

* Les spécialistes affirment que la tour-porte avait une hauteur d'au moins 20 mètres.

* Ses murs ont une épaisseur d'environ 1,50m

* Elle possède, de façon classique, 4 niveaux sur rez de sol :

- En bas l'entrée pour carrosse.

- Au 1er, l'étage défensif avec une archère. L'accès au chemin de ronde du rempart se faisait par ce niveau.

- Au 2ème, la salle de garde avec une ouverture avec coussiège.

- Au 3ème, une salle non identifiée avec un ouverture rectangulaire sur chacun des 4 cotés.

- Au dernier, une plateforme qui possédait des mâchicoulis.

* Ma documentation affirme qu'un étroit escalier permet l'accès à chaque étage.

 

  

Voyez vous l'emplacement de la herse ?

Les défenses de la tour porte

* Je suis surpris de ne voir aucune trace d'un ancien pont levis.

Y en avait-il un ?

* Je résume :

- Au dessus des mâchicoulis.

- Une archère droite au 1er étage.

- Une herse, dont je vois les rails.

- Un double vantail.

* Cela semble classique et même minimal pour un château avec une telle surface.

 

 

L'intérieur :

La surprise

Reconnaissez vous ce personnage ?

* Avec précaution, je franchis la porte matérialisée par une grille.

* Je pénètre dans une pièce et.... Hooooo !

* Je ne m'attendais pas à une belle croisée d'ogives.

* Cette pièce avec une cheminée devait être agréable pour le garde.

* Après plusieurs minutes d'admiration, j'entre dans la cour.

Bonjour monsieur... oups, Madame

 

 

Vide et pourtant plein   Voyez vous toutes les merveilles ?

* La cour est un joli champs d'herbe bien entretenu avec des haies.

Est ce un hippodrome pour course d'obstacles ?

* L'avantage d'un tel site est la capacité à me faire rêver ou imaginer :

- Ici, je vois un vestige de chemin de ronde sur le rempart. La largeur étant peu épaisse, je pressens qu'il fut en encorbellement intérieur (voir exemple).

- Coté Est, je contemple le mur peu épais d'un logis.

- Là, une tour d'angle avec à sa base, une porte donnant accès à une réserve.

- Au Nord, une tour presque identique à la tour-porte. Elle possède une poterne.

* Au sol, je devine (mais vous connaissez mon imagination fertile) les traces de mur de plusieurs bâtiments

* Par contre, je ne vois aucun vestige de donjon, et encore moi de trace au sol.

* Un château "frontière" aussi grand, sans donjon, me paraît impossible.

 

 

Pour voir le diaporama veuillez cliquer ici

 

 

 

Histoire du château :

* En 1250, sur la rive gauche du Gave de Pau, sous le règne de Gaston VII de Béarn début de construction du château pour surveiller la frontière Béarnaise et protéger Orthez des invasions Anglo-Gasconnes.

* Vers 1276, le Béarn est annexé au Royaume d'Angleterre.

* Vers 1280, fin de construction du château.

* En 1287, le Comte de Béarn reçoit Edouard Ier, Roi d'Angleterre et Duc de Gascogne, en ce château.

* En 1344, le château a l'honneur de recevoir Gaston Fébus.

* Vers 1346 (?), Gaston III de Foix-Béarn ordonne l'amélioration du château.

* En 1542, Henri II d'Albret, Vicomte (voir titre de noblesse) de Béarn et Roi de Navarre, craint une attaque des Espagnols. Il ordonne au Capitaine de Laussat une remise en état du château.

* Au milieu du 16ème siècle, Jeanne d'Albret séjourne plusieurs fois au château lorsqu'elle se rend à Salies de Béarn (à 6km au Sud) pour "prendre ses eaux".

* Durant le troisième quart du 16ème siècle, les Guerres de Religion incendient la France. Ce château, situé en terres Protestantes, est d'abord occupé par les troupes Catholiques du Roi de France qui souhaite montrer sa puissance. Jeanne d'Albret.

* L'année suivant, sur la demande de Jeanne d'Albret, Gabriel de Montgommery, à la tête d'une armée Protestante, essaie de reprendre le château, en vain.

* En 1620, dans le Béarn, la "puissance Protestante" augmente.

* En 1621, le Roi de France Louis XIII (voir liste des rois) ordonne la démolition "jusqu'à raz le sol" du château de Bellocq. Le but est de montrer la puissance Royale en Béarn et d'empêcher Jean Paul de Lescun et sa troupe de Protestants de se réfugier dans la forteresse.

* En 1622, par manque d'argent, les tours et quelques pans du rempart ne sont pas démolis.

* En cette fin du 17ème siècle, le château est possession de la famille De Pilles. Elle habite dans le logis, seule construction logeable.

* En 1784, le dernier descendant de la famille De Piles décède sans héritier. Le château est définitivement abandonné.

* Vers 1740, une tour s'écroule et ne sera pas reconstruite. Il reste donc les vestiges de 6 tours.

* A la fin du 20ème siècle, une association de sauvegarde est créée.

* En 1997, le site est inscrit aux Monuments Historiques.

* Au début du 21ème siècle, la découverte de l'extérieur du château est libre et gratuite depuis la route et le sentier. La visite de l'intérieur est possible en dehors des travaux de consolidation. Veuillez ne pas monter sur les murs.

 

 

Je me sens pousser une inspiration de peintre !

 

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Atlantiques

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commentaires

Pierrote 21/05/2018 20:19

B eauté d’un site dont attraits ne sont
E vidents de prime abord. Nous voyons (
L ‘impression en fut presque de froideur*)
L ‘étendue du lieu, pensant : quel malheur !
O ù sont donc tous les bâtiments passés,
C onstruits il y a des centaines d’années ?
Q u’allons découvrir, remparts exceptés ?*

P uis, lorsque notre Chevalier avance,
Y sont révélés détails d’importance «
R éveillant » toutes ces anciennes pierres.
E xemple : magnifiques et longues archères
N antissant rondes tours ; mâchicoulis
E rigés au sommet bien que n’aient mie
E nvergure et grand’puissance attendues :
S urent effrayer en leur temps les intrus.

A ujourd’hui, leur vision fantomatique
T rouve en moi écho d’une place magique.
L ‘intérieur de la tour-porte est image,
A mes yeux, de ce charme du Moyen-Âge.
N ous pensions entrer en terrain guerrier
T riste et sans fioriture : belle croisée
I ncroyable d’ogives orne plafond !
Q uartier des gardes ne fut mie, que non,
U n réduit austère sans aucune chaleur.
E ut-il même une cheminée, bonheur
S uprême en un castel pour les veilleurs…

B ien que j’ai aimé cette « ambiance » interne,
E ut moins l’heur de me seoir partie externe :
A t-elle des lignes trop nettes, peut-être.
R uinée consoeur** laisse mieux apparaître
N aturel, même si est près de disparaître.

N e puis-je oublier autres éléments
O bservés par vous. Viennent-ils d’antan…
T rop long serait de chacun les décrire.***
A vez, les dévoilant, su m’éblouir

B eaucoup plus que je ne l’aurais pensé !****
E tes un magicien, Ô, Chevalier !
N otamment par photos inattendues
E voquant des lieux la splendeur perdue.

* c’est vraiment la 1ère impression que j’ai eue : des vestiges semblant sans âme (ce qui ne veut pas dire sans puissance).
** la tour à la poterne.
*** : le chemin de ronde, la tour à réserve, les pans de murs du logis…
**** voir le 1er * : plus on va dans l’article, plus les détails, même minimes, renforcent l’idée d’un site ayant eu belle prestance et forte puissance.

Le Chevalier Dauphinois 28/05/2018 18:29

* En découvrant ce château, j'ai aussi oscillé entre "manque d’intérêt" et "passion".
* Durant le premier quart d'heure, il a fallu que je me batte pour trouver des images dynamiques, pour chercher les détails....
...... puis la "fée Ruine" (celle qui souvent m'accompagne mais qui parfois m'oublie) est venue pour me montrer cette beauté castrale.
* Est ce que mon article est le résumé de ma découverte ?... Peut être !